Agressions envers des hommes gays, bis et queers: la collaboration avec les organismes communautaires est nécessaire

La police cantonale vaudoise a communiqué aujourd’hui sur plusieurs agressions envers des hommes ayant des relations sexuelles ou intimes avec des hommes (HSH) en Suisse et dans les pays voisins. Pink Cross salue le travail d’enquête effectué, et rappelle l’importance de la collaboration étroite avec les communautés concernées et d’un accueil bienveillant des victimes sur des sujets largement marqués par la honte et le tabou.

La police cantonale vaudoise signale aujourd’hui une série d’agressions envers des hommes rencontrés par le biais de plateformes de rencontres gays et rendus inconscients par l’usage GBL/GHB. 11 cas ont pour l’heure été signalés en Suisse. "Ces agressions nous touchent profondément. Il est rassurant de voir que la police traite sérieusement ces agressions et qu’elle communique activement sur le sujet." souligne Gaé Colussi, responsable Suisse romande pour Pink Cross.

Le communiqué s’accompagne d’un appel à la prudence et à témoignages pour les personnes qui auraient été victimes. "La collaboration avec les milieux concernés - et en premier lieu les organismes communautaires - nous semble indispensable pour garantir le succès de cet appel. En effet, ces situations s’accompagnent souvent d’un large sentiment de honte et d’une peur d’être discriminé au moment de révéler son orientation sexuelle et sa fréquentation de sites de rencontre à la police - autant de freins au dépôt d’une plainte. Garantir un accueil bienveillant et travailler avec les associations nationales et locales pour proposer un accompagnement adapté est ainsi essentiel, car plus les personnes se sentiront en confiance, plus elles iront porter plainte. Ce n’est qu’ensemble que ce genre de phénomènes pourront être jugulés !" reprend Gaé Colussi.

De telles agressions ne sont malheureusement pas nouvelles, mais leur fréquence et leur gravité sont particulièrement inquiétantes. Le ciblage par des criminels d’un public peu susceptible de porter plainte ou de se défendre devrait ainsi être pris en compte dans le traitement pénal par la suite. "Ces agressions s’inscrivent dans un contexte persistant de tabou, de honte et de discriminations - elles ne sont que la pointe de l’iceberg. Il est d’autant plus important de construire ensemble une société inclusive pour que de telles agressions n’aient plus leur place !" conclut Gaé Colussi.


Communiqué de presse de 8 décembre 2023.