Santé psychique des personnes LGBTIQA+ : la société civile présente une stratégie nationale
En Suisse, de nombreuses études montrent que les personnes LGBTIQA+ sont nettement plus exposées à des difficultés en matière de santé psychique que la population générale. Il existe un besoin d’action urgent - sur les plans politique, social et dans le système de santé. C’est pourquoi les organisations faîtières LGBTIQ LOS, Pink Cross, TGNS et InterAction, en collaboration avec 13 organisations queers ainsi que des expert·e·s de la recherche et de la pratique, présentent aujourd’hui la Stratégie pour la santé psychique LGBTIQA+.
Celle-ci montre quelles mesures sont nécessaires pour que les personnes LGBTIQA+ puissent vivre en Suisse en sécurité et en bonne santé, depuis l’intégration dans les programmes de prévention jusqu’au renforcement des structures communautaires existantes, en passant par une prise en charge sans discrimination. Cela nécessite des changements fondamentaux : la stratégie s’adresse donc en particulier aux responsables politiques, aux services spécialisés et aux institutions de santé. Les organisations faîtières LGBTIQ appellent notamment la politique nationale à agir le plus rapidement possible.
Les personnes LGBTIQA+ sont davantage touchées par la dépression, les troubles anxieux et les comportements suicidaires que le reste de la population. Cela ressort de nombreuses études et de l’expérience des 15 organisations de la société civile impliquées : « Les personnes LGBTIQA+ rencontrent encore des obstacles, un manque de connaissances ou des discriminations dans le système de santé. Cela doit changer ! », déclare Alessandra Widmer, co-directrice de l’Organisation suisse des lesbiennes (LOS). Elle ajoute : « Les charges psychiques varient selon les réalités de vie au sein des communautés LGBTIQA+. Outre une sensibilisation générale, il faut surtout des connaissances spécialisées approfondies et spécifiques. »
En 2022, le Conseil fédéral avait aussi relevé dans un rapport en réponse à un postulat 19.3064, de la Conseillère nationale Samira Marti, l’existence d’inégalités de santé entre les personnes LGBT et la population générale. Jann Kraus, membre du comité de TGNS, précise : « Le Conseil fédéral a reconnu ces inégalités, mais des mesures concrètes font toujours défaut. Pendant ce temps, les personnes LGBTIQA+ et leur santé sont de plus en plus instrumentalisées politiquement, c’est tout simplement irresponsable. Il est d’autant plus important que la Confédération tienne désormais ses engagements. »
« La santé des personnes LGBTIQA+ est étroitement liée aux attitudes sociales et à l’égalité juridique. Lorsque des groupes entiers de la population sont systématiquement plus exposés à des difficultés psychiques, il ne s’agit pas d’un sujet marginal - c’est un problème sociétal et économique », souligne Daniel Furter, secrétaire géneral de Pink Cross. « Le bien-être des personnes LGBTIQA+ est donc aussi une responsabilité politique : nous appelons les décideur·euse·s à se saisir rapidement de cette question. »
Le sentiment d’appartenance à une communauté constitue un facteur de protection essentiel pour la santé psychique. « Les organisations queers accomplissent un travail crucial dans toute la Suisse, il est donc d’autant plus important que leur expertise soit intégrée dans les futures mesures. » Les organisations impliquées attendent désormais des actions concrètes de la part de la Confédération et des cantons et se tiennent prêtes à contribuer à leur mise en œuvre.
Annexes :
– Résumé (1 page): https://qr.los.ch/r/MH_FR
– Stratégie pour la santé psychique LGBTIQA+: https://qr.los.ch/r/strategieMH