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Il n'est pas question pour le Conseil fédéral d'autoriser de manière
générale l'adoption par les couples homosexuels. Ils devraient en
revanche pouvoir adopter l'enfant du partenaire.
Un gay ou une lesbienne devrait pouvoir adopter l’enfant de son ou sa
partenaire. Pas question en revanche d’aller plus loin et d’autoriser
de manière générale l’adoption par les couples homosexuels, a estimé
mercredi le Conseil fédéral. Le Parlement devra trancher.
La loi
sur le partenariat enregistré, adoptée par le peuple en 2005, interdit
actuellement aux couples homosexuels d’adopter, alors qu’un gay ou une
lesbienne célibataire conserve, en théorie du moins, ce droit. Or de
plus en plus d’enfants, souvent issus d’une première relation
hétérosexuelle, sont élevés par des couples de même sexe.
Et des
incertitudes persistent concernant leur protection juridique. Ces
enfants ne peuvent ainsi pas se prévaloir d’une obligation d’entretien
de la part d’un adulte, ni d’un droit de visite ou d’héritage.
Une
motion, adoptée sans opposition par la commission des affaires
juridiques du Conseil des États et répondant à une pétition des milieux
gays et lesbiens, vise à régler cette situation, en revenant notamment
sur l’interdiction d’adopter. Le texte demande que toute personne
adulte, quel que soit son état civil ou son mode de vie, puisse adopter
si cette solution est la meilleure pour le bien-être de l’enfant.
Oui mais
Le
Conseil fédéral refuse d’aller aussi loin. Il est convaincu que la loi
sur partenariat enregistré a été acceptée en votation parce qu’elle
supprimait une discrimination tout en interdisant l’adoption et la
procréation médicalement assistée. Et d’affirmer qu’il serait inopportun
d’ouvrir l’adoption sans restriction aux couples homosexuels.
Le
gouvernement n’en est pas moins disposé à faire un geste concernant les
enfants nés d’une relation antérieure ou précédemment adoptés par une
personne seule. Dans ces cas, le ou la partenaire du père ou de la mère
devrait pouvoir les adopter.
Notamment pour assurer à ces enfants
la même protection juridique que celle dont bénéficie la progéniture de
couples mariés. Comme lors de toute adoption, il faudra vérifier dans
le cas concret si toutes les circonstances permettent de prévoir que
l’établissement d’un lien de filiation servira au bien de l’enfant,
rappelle le Conseil fédéral.
Levée de boucliers
Le
Conseil des États débattra de la question le 14 mars. L’appui à la
motion ne devrait pas être aussi unanime qu’au sein de la commission.
Des voix contre se sont élevées dans les milieux conservateurs, et
notamment au PDC. Le National, dans sa composition d’avant les élections d’octobre,
n’avait quant à lui rien voulu savoir de la revendication des
organisations gaies et lesbiennes. Par 97 voix contre 83, il a refusé de
demander à sa commission de prendre des mesures pour réviser la
législation. Il n’en va pas de l’amour porté à l’enfant mais de la
construction de son identité sexuelle, avait alors affirmé Yves Nidegger
(UDC/GE).
(Source: la Tribune de Genève)
http://www.tdg.ch/vivre/societe/adoption-limitee-couples-homosexuels/story/27028464
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